Miracle (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XI e siècle. Emprunté du latin miraculum, « prodige ».
1. Phénomène qui déroge aux lois ordinaires de la nature et auquel la science ne peut assigner aucune cause. Signe de l'action de Dieu qui est propre à susciter ou à confirmer la foi. Vrai, faux . Opérer des s. Recouvrer la vue par . La multiplication des pains, la résurrection de Lazare comptent parmi les s du Christ que rapporte l'Évangile. Par méton. ?uvre d'art représentant une telle manifestation de la puissance divine. « Le Miracle de l'esclave » , de Tintoret. « Les Miracles de saint François-Xavier », de Rubens. . Au Moyen Âge, pièce de vers relatant sous une forme narrative ou dramatique l'intervention miraculeuse de la Vierge ou d'un saint. La cour des Miracles, ainsi nommée parce que les infirmités simulées par les gueux et mendiants qui y trouvaient refuge semblaient y disparaître miraculeusement . Par ext. Lieu où se trouvent rassemblés indigents, marginaux et malfrats. Titres célèbres : Le Miracle de Théophile, de Rutebeuf ( XIII e siècle) ; Les Miracles de Notre-Dame, recueil de récits réunis par Gautier de Coincy au XIII e siècle.
2. Par ext. Évènement qui se produit contre toute attente, effet extraordinaire d'un hasard heureux. C'est un , un vrai qu'il soit sauf. Il a échappé à la mort par , comme par . Dans le domaine des sciences, tend à être utilisé pour désigner un phénomène dont la probabilité est voisine de zéro.
3. Par hyperbole. Se dit de tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration. Les s de la science, de la technique. Ce bâtiment est un d'élégance. Loc. adv. Vieilli. À , parfaitement bien, avec un succès inespéré. La mission était difficile, il s'en est acquitté à . (Aujourd'hui on dit plutôt À merveille. ) En apposition. S'emploie familièrement pour indiquer le caractère remarquable de quelque chose. Solution .
4. Loc. et expr. Tenir du , se produire de façon heureuse et inattendue. Crier au ou, vieilli, crier , manifester un sentiment de surprise heureuse et d'admiration. Il n'y a pas de quoi crier au , c'est une chose très commune, très ordinaire. Un beau (iron.), une chose fort ordinaire ou même une action maladroite. Vous avez fait là un beau ! Faire des s, se signaler, se distinguer de manière exemplaire ; obtenir des résultats remarquables. On dit que ce remède, que ce chirurgien fait des s. Avec si peu de moyens, vous avez fait des s. Fam. Croire au , faire preuve d'une confiance ou d'une crédulité excessive.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Acte de la puissance divine contraire aux lois connues de la nature. "Opérer des s."
Il se dit, par exagération, d'une Chose extraordinaire, d'un hasard merveilleux, du fait qu'un événement devait naturellement arriver et cependant n'est pas arrivé, ou inversement. "Il a échappé à la mort par . C'est un qu'il n'ait pas été tué dans cette bataille. C'est un qu'il soit venu si vite, qu'il ait achevé si promptement cet ouvrage."
Fam., "C'est un de vous voir," se dit à une Personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.
Il se dit aussi de Tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration. "Cette femme est un de la nature, un de beauté. Un d'énergie, de dévouement, de bonté."
Fam., "Crier au , crier ," se dit Quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à son caractère.
"Il n'y a pas de quoi crier ," se dit à une Personne qui se vante après avoir fait une chose fort aisée, ou même après avoir commis une maladresse.
"Un beau " se dit ironiquement d'une Chose fort ordinaire ou même d'une action maladroite. "Voilà un beau . Vous avez fait là un beau ."
Fam., "Faire des s en quelque occasion," Accomplir un exploit, obtenir un résultat extraordinaire.
"Tenir du ," Offrir un caractère merveilleux.
"Cour des s" se disait d'un Endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants.
À MIRACLE, , se dit par exagération au sens de Parfaitement bien, avec un succès inespéré. "Cela est fait à . La commission était difficile, il s'en est acquitté à ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Acte contraire aux lois ordinaires de la nature et produit par une puissance surnaturelle.
PASC.: « La vertu divine qui avait opéré ce »
PASC.: « Miracle : c'est un effet qui excède la force naturelle des moyens qu'on y emploie ; et non- est un effet qui n'excède pas la force naturelle des moyens qu'on y emploie »
PASC.: « Je ne serais pas chrétien sans les s, dit saint Augustin »
PASC.: « Incrédules, les plus crédules : ils croient les s de Vespasien, pour ne pas croire ceux de Moïse »
PASC.: « Les s sont plus importants que vous ne pensez ; ils ont servi à la fondation et serviront à la continuation de l'Église jusqu'à l'Antechrist, jusqu'à la fin »
PASC.: « Aux hérétiques les s seraient inutiles ; car l'Église, autorisée par les s qui ont préoccupé la créance, nous dit qu'il n'ont pas la vraie foi »
PASC.: « Les s discernent la doctrine, et la doctrine discerne les s »
PASC.: « Si j'avais vu un , disent-ils, je me convertirais ; comment assurent-ils qu'ils feraient ce qu'ils ignorent ? »
PASC.: « Les prophéties, les s mêmes et les preuves de notre religion ne sont pas de telle nature qu'on puisse dire qu'ils sont absolument convaincants »
BOSSUET: « Dieu fait des s en leur faveur [des rois de Juda] »
BOURDAL.: « Le don des s est une grâce infructueuse qu'ont eue quelques saints, mais qui n'a point aidé à les faire saints »
VOLT.: « En ces murs même une troupe égarée.... De ses s faux [de Mahomet] soutient l'illusion »
BUFF.: « Rien ne caractérise mieux un que l'impossibilité d'en expliquer l'effet par des causes naturelles »
BONNET: « Le fameux Spinosa, qui avait dit que les s étaient impossibles, parce qu'ils étaient contraires aux lois de la nature et qu'ils supposaient de la variation dans les décrets de Dieu »
    Cour des Miracles, se disait d'un endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants, ainsi dite parce que ceux qui simulaient toutes sortes d'infirmités pour solliciter la charité, redevenaient là sains et dispos.

 2   Par exagération, chose extraordinaire, ou chose ordinaire, régulière dans l'ordre naturel, mais dont on ne sait aucunement la cause ou le moyen.
MALH.: « Les s que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis »
CORN.: « Et la main de Rodrigue a fait tous ces s ! »
CORN.: « Un héros, comme un dieu, peut faire des s »
CORN.: « Ô d'amour ! »
SCARRON: « Un jour sans douleur est pour moi un »
SÉV.: « Il y a du à un si prompt changement »
SÉV.: « C'est un beau , si la Trousse s'est sauvé de l'état où l'on nous l'a représenté »
FLÉCH.: « Le ciel fit naître en même temps et faisait croître sous une pareille éducation le roi, dont la naissance miraculeuse promettait à tout l'univers une vie pleine de s »
MAINTENON: « C'est que ce que nous voyons entre les Espagnols et les Français ; Dieu tourne les coeurs comme il lui plaît »
BOSSUET: « Le succès tenait du »
RAC.: « Achille, à qui le ciel promet tant de s »
VOLT.: « Ceux qui ont fait les relations de ces étranges événements [la conquête du Mexique] les ont voulu relever par des s qui ne servent en effet qu'à les rabaisser ; le vrai fut la conduite de Cortez »
VOLT.: « L'attraction et la direction de l'aimant sont des s continuels ; un limaçon auquel il revient une tête est un ; la naissance de chaque animal, la production de chaque végétal sont des s de tous les jours »
SAURIN: « Les s sont faits Pour qui veut fermement la mort ou le succès »
CHATEAUBR.: « Un petit nombre de soldats, persuadés de l'habileté de leur général, peuvent enfanter des s »
    Familièrement. C'est un de vous voir, se dit d'une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.
    Familièrement. Crier au , crier , se dit quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire.
LA FONT.: « Ce n'est pour faire au crier »
    Familièrement. Faire des s, faire , réussir merveilleusement.
RÉGNIER: « Pour moi les huguenots pourraient faire .... »
MOL.: « C'est un homme qui fait des s »
SÉV.: « Le changement d'air me fait des s »
SÉV.: « Quelle joie, ma chère enfant, que le quinquina ait fait ses s ordinaires ! »
    Voilà un beau , se dit ironiquement à quelqu'un qui se vante d'une chose fort ordinaire.
    Il a fait , il a fait un beau , se dit de quelqu'un qui a commis quelque maladresse.
    Cela se peut sans , cela est très aisé.
    Par exclamation, ! beau !
LA FONT.: « Miracle ! criait-on ; venez voir par les nues Passer la reine des tortues »
    Miracle chimique, nom donné autrefois à la transformation subite par laquelle l'acide sulfurique concentré, versé dans une solution rapprochée de chlorure de calcium, donne du sulfate de chaux, qui se prend aussitôt en une masse solide.

 3   Se dit des personnes qui sont dignes d'admiration.
MALH.: « Anne, qui de Madrid fut l'unique »
MALH.: « Je veux du même esprit que ce d'armes [Achille], Chercher en quelque part un séjour écarté »
MALH.: « Ô roi, le des rois »
MALH.: « Henri, ce grand Henri que les soins de nature Avaient fait un aux yeux de l'univers »
MOL.: « Nous verrons de nous deux qui pourra l'emporter ; Qui, dans nos soins communs pour ce jeune , Aux voeux de son rival portera plus d'obstacle »
    Il se dit aussi des animaux.
BUFF.: « L'éléphant est en même temps un d'intelligence et un monstre de matière »
    Se dit encore des choses qui sont dignes d'admiration.
CORN.: « Que le de l'Italie, le Pastor fido, l'a entièrement négligée [la liaison des scènes] »

 4   Par , loc. adv. D'une façon qui est considérée comme un , qui excite l'étonnement ou l'admiration.
BOURDAL.: « Il ne se soutient que par , et à chaque pas il est sur le point de succomber »

 5   À , loc. adv. À merveille, fort bien, on ne peut mieux.
LA FONT.: « Il sait notre langue à »
BRUEYS: « Une oie ; je les aime fort. - Tant mieux, touchez là, à demain à dîner ; ma femme les apprête à »
PIRON: « Comment diable, à merveille, à ! courage ! »
COLLIN D'HARLEVILLE: « Mes enfants s'en tirent à »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 131: Maint fait Deus là ù fu descenduz [saint Thomas], D'avogles, de contraiz [contrefais] et de surz et de muz, De lepruz, qui receivent e santez e vertuz
     ib. 52: E maint humme l'unt puis à tenu
    XIIIème siècle
     Berte, CXXXV: Et pour le bel que Diex i demonstroit
JOINV.: « Ore m'a l'en puis dit que il gist en la cité de Marseille, là où il fit moult beles s »
    XIVème siècle
MACHAUT: « Si qu'on doit croire sans douter, Que ce sont s apertes Que musique fait ; c'est voir [vrai] certes »
    XVIème siècle
BRANT.: « Ce grand oeuvre de l'Escurial du roy d'Espagne qu'on dit que jamais tous les sept s de jadis n'ont approché »
COTGRAVE: « Il n'est que de vieux saints »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; espagn. milagro ; portug. milagre ; ital. miracolo ; du lat. miraculum, de mirari, regarder, admirer (voy. MIRER).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Acte de la puissance divine, contraire aux lois connues de la nature. "Vrai, faux . Miracle avéré. Le don des s. Opérer des s. Il a échappé à la mort comme par ."
Il se dit, par exagération, d'Une chose extraordinaire, d'une chose qui devait naturellement arriver, et qui cependant n'est pas arrivée. "C'est un qu'il n'ait pas été tué dans cette bataille. C'est un qu'il se soit sauvé d'un si grand péril. C'est un qu'il soit venu si vite, qu'il ait achevé si promptement cet ouvrage."
Il se dit aussi de Tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration. "Cette femme est un de la nature, un de beauté. Cette machine est un de l'art."
Fam., "C'est un de vous voir," se dit A une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.
Fam., "Il faut crier ," se dit Quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à son caractère.
Fam., "Voilà un beau ," se dit ironiquement À quelqu'un qui se vante d'une chose fort ordinaire; et, "Vous avez fait là un beau ," À celui qui a fait une action maladroite.
Fam., "Faire des s en quelque occasion", Se signaler, se distinguer en quelque occasion.
Fam., "Cela se peut sans ," Cela est très-aisé. On dit aussi À une personne qui se vante après avoir fait une chose fort aisée, "Il n'y a pas là de quoi crier ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Acte de la puissance divine, contraire aux lois connues de la nature. "Vrai . Faux miracle. Miracle avéré. Ce s'est fait à la vue de toute la Ville. Le don des s".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Miracle, se dit aussi par exagération, et se prend d'ordinaire en bonne part, pour exprimer une chose rare, extraordinaire. "C'est un qu'il n'ait pas été tué dans une telle bataille. C'est un qu'il se soit sauvé d'un si grand péril".
Il se prend aussi pour tout ce qui est digne d'admiration. "Cette machine est un de l'art".
On dit dans le discours familier, en voyant quelqu'un qu'il y a long<-> temps que l'on n'a vu, "C'est un de vous voir".
Quand quelqu'un fait quelque chose qu'il n'a pas accoutumé de faire, et qui est contre son humeur ou contre son caractère, on dit familièrement, qu'"Il faut crier ".
On dit aussi ironiquement à quelqu'un qui se vante d'avoir fait une chose commune, ou à quelqu'un qui a fait une action maladroite, "Voila un beau . Vous avez fait là un beau miracle".
On dit familièrement d'Une personne qui s'est signalée en quelque occasion, et qui a paru exoeer en quelque action, qu'"Elle y a fait des s".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Effet de la puissance divine contre l'ordre de la nature. "La résurrection de Lazare est un des grands s de Notre-Seigneur. Vrai . Faux . Miracle avéré. Ce s'est fait à la vue de toute la ville."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi par exagération, & se prend d'ordinaire en bonne part, pour exprimer une chose rare, extraordinaire. "C'est un qu'il n'ait pas été tué dans une telle bataille. C'est un qu'il se soit sauvé d'un si grand péril."
Il se prend aussi pour tout ce qui est digne d'admiration. "Cette machine est un de l'art."
On dit dans le discours familier, en voyant quelqu'un qu'il y a long-temps que l'on n'a vu, "C'est un de vous voir."
Quand quelqu'un fait quelque chose qu'il n'a pas accoutumé de faire, & qui est contre son humeur ou contre son caractère, on dit familièrement, qu'"Il faut crier ."
On dit d'Une personne qui s'est signalée en quelque occasion, & qui a paru exceller en quelque action, qu'"Il y a fait des s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MIRACULEUX, EûSE, adj. MIRACULEûSEMENT, adv. ["mirakle", "ku-leû", "leû-ze", "leû-zeman:" 4e lon. 5e "e" muet.] "Miracle" est un évènement surnaturel, éfet de la puissance divine. = Par exagération, chôse râre et extraordinaire. 'C'est "un " qu'il en ait réchapé.
- Ce qui est digne d'admiration: 'C'est "un de" l'art.
- En st. famil. 'C'est "un de" vous voir.
- Il faut "crier au ", dit-on, quand quelqu'un a fait quelque chôse de fort oposé à son caractère.
- Il "a fait des s" ou "des prodiges" dans cette afaire, il s'y est signalé. '= "À~ ", adv. (st. famil.) à merveille. 'Cela est fait ". 'Il sait notre langue " La Font. = On dit, d'une chôse três-aisée. 'Cela se peut "sans ".
   MIRACULEUX, qui s'est fait par , qui tient du . 'Éfet "miraculeux". 'Chôse "miraculeûse". = Par exagération, surprenant, merveilleux. 'Ouvrage "miraculeux"; action "miraculeûse". = Cet adj. est à la mode; mais il est souvent ridiculement placé à propôs de rien. 'D'une chose qui est comune, vous dites simplement, elle est "bonne": une Importante diroit: "c'est miraculeux". COYER 'Des bijous de toute espèce, des cabinets élégans, des équipages "miraculeux". ID. Le même Auteur, imitant par dérision le langage précieux des petites-maîtresses, emploie "miraculeûse" substantivement. 'L'une des deux (femmes de chambre) vous la tenez de la main de votre mari, après avoir renvoyé "cette miraculeuse", qui fut formée à la Cour.
   MIRACULEûSEMENT, d'une manière miraculeûse, ou surprenante. 'St. Pierre fut délivré "miraculeûsement" de ses liens. 'Cet homme échapa "miraculeûsement" du naufrage.




Emplacement dans le dictionnaire :

minuté
minute
minuter
minutie
minutieusement
minutieux
miocène
mioche
mir

miracule
miraculé
miraculeusement
miraculeux
mirage
miré
mire
mirer
mirifique
mirobolant
miroir




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...a causée son travail. Si tel est vraiment le rôle du contrat, il ne pourra jamais le remplir qu'à condition d'être réglementé bien plus minutieusement qu'il n'est aujourd'hui ; car ce serait un vrai miracle s'il suffisait à produire sûrement cette équivalence. En fait, c'est tantôt le gain qui dépasse la dépense, tantôt la dépense qui dépasse le gain, et la disproportion est souvent éclatante. Mais,...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...toute vie sociale. Le travail ne se partage pas entre individus indépendants et déjà différenciés qui se réunissent et s'associent pour mettre en commun leurs différentes aptitudes. Car ce serait un miracle que des différences, ainsi nées au hasard des circonstances, pussent se raccorder aussi exactement de manière à former un tout cohérent. Bien loin qu'elles précèdent la vie collective, elles en...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...en effet à soutenir que la transmission d'aptitudes spéciales est radicalement impossible ; nous voulons dire seulement qu'en général elle n'a pas lieu, parce qu'elle ne peut s'effectuer que par un miracle d'équilibre qui ne saurait se renouveler souvent. Il ne sert donc à rien de citer tels ou tels cas particuliers où elle s'est produite ou paraît s'être produite ; mais il faudrait encore voir quelle...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...doute, dans les sociétés où c'est la règle que l'enfant suive la profession du père, une telle régularité ne peut s'expliquer par un simple concours de circonstances extérieures ; car ce serait un miracle qu'il se produisît dans chaque cas avec une aussi parfaite identité. Mais il n'en est pas de même de ces rencontres isolées et presque exceptionnelles que l'on observe aujourd'hui. Il est vrai que...


Citation n°5 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...de se rejoindre, l'un d'eux s'arrêtait et l'autre frappait plus lentement, laissant chaque fois sa hache un moment dans l'entaille ; la lame de bois qui tenait encore l'arbre debout par une sorte de miracle cédait enfin, le tronc se penchait et les deux bûcherons reculaient d'un pas et le regardaient tomber, poussant un grand cri afin que chacun se gare. Edwige Légaré et Esdras s'avançaient alors,...


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